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Christianne Naissant, une mémoire vivante de Mérignac

La parole aux Mérignacais

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Christianne, debout devant un puits fleuri de géraniums, à Mérignac
Christianne, chez elle devant son puits, à Mérignac.

Il y a des personnes qui parlent d'elles. Et puis il y a celles qui, lorsqu'on leur demande de parler d'elles, commencent par parler des autres.

C'est exactement ce qui s'est passé lorsque je suis allée rencontrer Christianne Naissant, chez elle, avec son mari Marc, que tout le monde appelle Marco. Quand on lui demande de parler d'elle, Christianne parle d'abord de ceux qu'elle aide, de l'Entraide, des personnes qu'elle accompagne. Il faut donc revenir un peu en arrière pour raconter son histoire.

Une enfance à Mérignac

Christianne a grandi à Mérignac, dans une époque où la vie du village était étroitement liée au travail et aux voisins. Elle allait à l'école du village et passait beaucoup de temps dehors.

Enfant, elle jouait à la marelle ou à la maîtresse, avec des bancs faits de bottes de paille. Elle jouait aussi à la marchande, avec de vieilles casseroles rouillées et quelques herbes pour faire semblant.

Mais l'enfance, c'était aussi participer à la vie de la ferme. Elle accompagnait ses parents pour faucher, ramasser le foin et la paille, s'occuper des vaches. Plus grande, elle allait les garder et aimait aussi partir pêcher dans la petite rivière, où l'on trouvait encore des poissons et des écrevisses.

Un homme dans une étable, au milieu de la paille et des vaches
La vie agricole de son enfance : les vaches, la paille, le travail des parents.
Une femme avec des moutons devant un portail en fer forgé
La maman de Christianne devant le portail, avec les moutons.

Un village où l'on s'entraide

Le village vivait aussi beaucoup de l'entraide. Pour les travaux des champs, le battage ou les vendanges, les voisins se donnaient un coup de main. « On était comme une grande famille », raconte Christianne. Lors des battages, tous les voisins venaient aider. Les hommes montaient les bottes de paille tandis que les femmes installaient de grandes tables dans les hangars et préparaient le repas du midi.

Elle se souvient également d'un village où l'on trouvait plusieurs commerces et services. Il y avait l'épicerie de Louis Bouillet, l'ancien maire. Un boulanger. Un boucher. Le coiffeur qui vendait également de l'essence. Il y avait le café de Titi et, environ une fois par mois, un marché aux bestiaux où les anneaux près du cimetière rappellent encore cette époque. Venaient aussi un marchand de chaussures et de vêtements.

Les fêtes du village, les « fréries », occupaient également une place importante : fanfare ou orchestre, manèges, auto-tamponneuses, feu d'artifice et bal animaient régulièrement Mérignac.

Christianne garde de cette période le souvenir d'une vie simple, où les habitants se connaissaient et se retrouvaient facilement.

Photographie en noir et blanc d'une jeune fille posant devant l'église de Mérignac
Jeune fille, devant l'église de Mérignac.
Photographie en noir et blanc d'un homme sur un tracteur, devant l'église et le cimetière
Abel, le papa de Christianne, sur son tracteur, devant l'église et le cimetière.

De Mérignac à Paris

Photographie de mariage en noir et blanc : Christianne et Marc posent côte à côte
Christianne et Marc, le jour de leur mariage.

Après son certificat d'études, à 14 ans, Christianne travaille d'abord dans une pharmacie à Baignes, puis au restaurant-café La Cambousse, un établissement situé sur la N10.

À 17 ans, elle part à Paris. C'est là qu'elle découvre un autre rythme de vie et une autre manière de travailler. Les marchés, la débrouille, le travail, les idées, le développement… Il faut se lever tôt, trouver des solutions et savoir s'adapter. C'est aussi à Paris qu'elle rencontre Marc.

Le couple travaille dans le commerce, avec cette capacité à chercher des marchandises, à acheter des lots directement auprès de fabricants et à trouver de nouvelles façons de travailler. Une expérience faite de travail, d'initiative et de rencontres.

En 1982, Christianne et Marc reviennent s'installer à Mérignac. Leur expérience du commerce parisien ne correspond pas à la réalité locale. Il faut alors réapprendre à travailler dans de nouvelles conditions, comprendre les habitudes, s'adapter et trouver ce qui peut fonctionner ici.

Une vie toujours tournée vers les autres

Aujourd'hui, Christianne apprécie particulièrement la tranquillité de Mérignac, son jardin et le temps qu'elle peut y consacrer. Elle aime travailler la terre, cultiver son potager et cuisiner. Mais ce qui occupe aussi une grande place dans sa vie, c'est le lien avec les autres.

À travers l'Entraide, elle participe notamment aux visites dans les maisons de retraite à Chantillac, où sont confectionnés des bavoirs et de petits gâteaux. Elle aime aussi rendre service au quotidien : accompagner quelqu'un à un rendez-vous, aider lorsqu'une personne en a besoin, donner un coup de main pour un déménagement ou simplement prendre le temps d'écouter.

Pour elle, cette façon d'être avec les autres ne se réfléchit pas vraiment. « J'essaie toujours de faire du bien aux gens. C'est en moi. C'est comme ça. »

Et lorsqu'elle parle de Mérignac aujourd'hui, elle évoque aussi bien les anciens habitants que les nouveaux. Les relations ont changé, le village a changé, mais elle apprécie de continuer à connaître les gens et de garder cette porte ouverte.

Christianne ne dit pas que c'était mieux avant. Elle le résume autrement : « On dit qu'avant, c'était mieux. C'était peut-être pas mieux, mais c'était bien. »

Une phrase qui ressemble finalement beaucoup à son regard sur Mérignac : celui d'une femme attachée à son village, à son histoire et surtout aux liens qui se créent entre ceux qui y vivent.

Propos recueillis par Marion Coustillas.

Cette page est issue de la rubrique « La parole aux Mérignacais » du bulletin municipal de mars à septembre 2026. L'Entraide figure parmi les associations de la commune.